DIALOGUE ENTRE LA COUR EUROPEENNE ET LES AUTRES COURTS NATIONALES : LE CAS DE LA COMPETENCE DECLINEE SUR LA BASE D’UNE CLAUSE CONVENTIONNELLE, PAR RAPPORT AU SYSTEME ITALIEN

Di Francesca Locatelli -

1.Introduction.

La question de savoir comment la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union Européenne a influé sur les effets des décisions rendues par le juge italien en matière de compétence ne peut être considérée comme complètement traitée sans mentionner les cas où la compétence a été refusée par le juge national sur la base d’un accord conventionnel différent entre les parties, visant à faire une dérogation en faveur de la compétence du juge d’un autre pays.

Pour le législateur italien, les décisions « à contenu procédural » sont indubitablement contraignantes dans le cadre du procès dans lequel elles sont rendues, en ce sens que, une fois les voies de recours ordinaires épuisées, ces décisions deviennent définitives et ne peuvent plus être réexaminées ; cependant, cela ne produit pas les effets d’une décision définitive au fond, vu que le législateur italien, contrairement aux autres systèmes juridiques, n’a pas choisi cette option pour les décisions de procédure [1].

Par conséquent, vu que la décision à contenu procédural ne consomme pas l’action, les parties peuvent engager un nouveau procès fondé sur la même action[2] et c’est dans ce domaine spécifique que se pose le problème de l’efficacité des décisions rendues précédemment sur les aspects procéduraux et, en particulier, ce qui nous intéresse ici, sur la compétence.

Sur ce point, il convient de rappeler que, dans le système juridique italien, la règle générale est de nier l’efficacité externe (autrement dit, extraprocédurale) des décisions de procédure [3], à la seule exception des arrêts de la Cour de cassation sur les questions préjudicielles de procédure (dont relève sans aucun doute la compétence) ; et, en effet, de manière tout à fait conséquente, l’on dit que les décisions des juges du fond en matière de procédure ont simplement une valeur intraprocédurale [4].

Dans ce contexte, des dispositions spécifiques s’appliquent précisément aux décisions rendues en matière de compétence juridictionnelle.

L’article 59 de la loi n° 69 du 18 juin 2009 a fixé au législateur délégué une règle très claire, qui incarne les principes énoncés ci-dessus, confirmant de la sorte l’approche décrite jusqu’à présent : en particulier, il a réitéré l’efficacité extraprocédurale des arrêts de la Cour de cassation statuant en chambres réunies, qui s’imposent « à chaque juge et aux parties, même dans le cadre d’un autre procès » ; en revanche, rien n’a été dit concernant des décisions similaires rendues par les chambres simples de la Cour de cassation, mais la doctrine italienne est unanime pour étendre le même régime d’efficacité extra-procédurale aux arrêts des chambres simples [5].

Par contre, le texte en question n’a absolument pas abordé les décisions sur la répartition de compétence entre le juges nationaux et les juges étrangers ; dans ce domaine différent, en effet, le législateur italien veut que la décision sur la compétence du juge national ne contraigne pas, en principe au moins, le juge étranger : et cela, parce qu’il n’existe aucun mécanisme de raccordement supranational permettant la translatio iudicii entre le juge national et le juge étranger ou inversement. [6]

De même, la loi déléguée de 2009 n’a nullement remis en cause l’idée selon laquelle la décision en matière de compétence rendue par le juge national autre que le juge de dernière instance, autrement dit par le juge du fond et non pas par le juge de la légitimité, manque d’efficacité extra-procédurale  : ce type de décision, par conséquent, pour le système italien, continue de n’avoir qu’une efficacité intra-procédurale limitée, c’est-à-dire relative au procès spécifique dans le cadre duquel elle a été prononcée[7].

Cependant, cette conclusion, qui semblait fermement établie, a fait l’objet de la jurisprudence de la Cour de justice européenne, qui a éparpillé les cartes.

Il ne s’agit pas, dans ce cas différent, d’un effet du dialogue entre la Cour de justice et la juridiction de dernière instance, mais des effets de la jurisprudence européenne sur les décisions rendues par le juge du fond. Néanmoins, dans ce cas également, nous sommes en présence d’une intervention interprétative des juges luxembourgeois en matière de compétence qui bouleverse complètement les règles internes du système procédural  italien en la matière et qui, dans le cadre du traitement du problème abordé par la présente communication, ne peut être tue.

2.L’arrêt Gothaer

En ce qui concerne la compétence juridictionnelle dans l’espace de l’Union européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, 15 novembre 2012, C-456/11, Gothaer et autres[8], a reconnu la pleine efficacité « externe » de la décision par laquelle le juge du fond a décliné sa compétence, considérant aussi comme appropriées à la circulation aux termes de l’article 32 de l’article 44/2001 en vigueur à l’époque les décisions rendues par le juge de refus de compétence juridictionnelle[9].

L’arrêt Gothaer, qui avait pour objet une affaire qui ne touchait aucunement la compétence du juge italien, a une portée interprétative perturbatrice pour le système juridique italien, en ce sens qu’il de fait assimilé, dans ses effets, la décision de rejet de compétence rendue par le juge du fond à la décision rendue par la Cour de cassation, du moins lorsque l’interprétation d’une règle d’attribution de compétence de rang européen est en jeu : ce qui, pour le système italien, ne devrait pas être le cas, car les arrêts de la Cour de cassation en matière de compétence ont une efficacité bien différente de celles rendues en cette même matière par le juge du fond.

Pour mieux comprendre la portée de cette décision, en effet, il convient de se rappeler que, dans le système conçu par le règlement 44/2001, et à présent aussi par le règlement 1215/2012, ne sont susceptibles de circuler, c’est-à-dire d’être reconnues automatiquement dans l’espace européen, que les décisions ayant une efficacité extraprocédurale dans le système de provenance. Par conséquent, en application de ce principe, en ce qui concerne le système juridique italien, les décisions en matière de compétence rendues par le juge national italien ne pourraient jamais circuler automatiquement dans l’espace juridique européen, car elles n’ont qu’une efficacité intraprocédurale beaucoup plus limitée[10].

L’arrêt Gothaer, en revanche, a sanctionné le principe selon lequel la notion de “décision” reconnaissable visée à l’article 32 du règlement (CE) no 44/2001 concerne, outre les décisions sur le fond, les décisions de procédure par lesquelles le juge d’un État membre décline sa compétence juridictionnelle  en faveur d’un autre État membre ou d’un État tiers, et ce même lorsque cela a lieu sur la base d’une décision rendue par le juge du fond [11], comme avait eu lieu dans l’affaire spécifique soumise à l’attention de la Cour de justice de l’Union Européenne.

Cependant, l’arrêt Gothaer ne s’est pas arrêté là, en ce sens qu’il est allé jusqu’à affirmer que peut circuler, sans limitation, non seulement la partie de la décision du juge du fond déclinant sa compétence[12], mais qu’est contraignante aussi, et donc pleinement propre à faire l’objet d’une reconnaissance automatique, la décision attribuant la compétence à un autre juge sur la base du choix conventionnel effectué par les parties[13] : aspect qui a anticipé de fait les temps et le champ d’application du nouvel article 31.3 du Règlement 1215/2012 actuellement en vigueur (dont nous allons parler tout de suite).

3.Pourquoi les conclusions de l’arrêt Gothaer sont en conflit avec l’approche traditionnelle du système juridique italien

L’arrêt Gothaer, examiné du point de vue du système juridique italien, est source de confusion non seulement parce qu’il a effacé d’un coup d’éponge la distinction traditionnelle, en termes d’effets, des décisions rendues en matière de compétence juridictionnelle selon les organes dont elles émanent.

Il est critiquable, du point de vue du système procédural italien, sous d’autres aspects également.

Le premier est que la Cour de Luxembourg n’a pas tenu compte, en rendant l’arrêt en question, du fait que les effets et la portée des décisions en matière de compétence ne sont pas identiques dans tous les systèmes procéduraux.

En particulier, dans l’affaire faisant l’objet de l’arrêt Gothaer, la décision de la cour d’appel d’Anvers par laquelle elle a décliné sa compétence, en droit procédural national, avait l’autorité de la chose jugée substantielle, c’est-à-dire qu’elle avait une valeur extra-procédurale qui lui permettait d’étendre ses effets également dans les autres États membres, abstraction faite du contenu.

Dans le système italien, au contraire, une décision à contenu procédural n’est pas propre à avoir le statut de chose jugée substantielle et n’a une efficacité extra-procédurale que dans certaines limites, laquelle, cependant, est conceptuellement différente des effets de la décision substantielle[14].

En outre, l’arrêt de la Cour de justice de l’Union Européenne dans l’affaire Gothaer suscite une certaine perplexité car, en dernière analyse, dans le cas d’espèce l’interprétation d’une règle du droit communautaire n’était même pas en jeu, vu que la clause attributive de juridiction était en faveur du juge islandais : en d’autres termes, elle faisait référence à la Convention de Lugano [15], qui – même si elle est en partie superposable à cet égard au le contenu du règlement n° 44/2001 – est une règle du droit international qui ne fait pas partie du droit de l’Union européenne. En énonçant ce principe, la Cour de Luxembourg a donc un peu forcé les choses, vu qu’il ne s’agissait d’interpréter ni une disposition du traité UE, ni un règlement européen.

En tout état de cause, il faut souligner qu’à l’heure actuelle, le règlement 1215/2012 a largement réglé bon nombre des questions qui avaient donné lieu à l’arrêt Gothaer de la Cour de justice européenne, vu que l’article 31.3 du règlement 12015/2012 – qui a remplacé le règlement 44./2001 en matière de compétence juridictionnelle – prévoit désormais expressément le caractère contraignant de la décision du juge – y compris du fond, vu que cela n’est pas précisé – qui décline sa compétence sur la base du choix différent effectué par les parties.

Autrement dit, actuellement l’article 31.3, du règlement n° 1215/2012 confère directement – et de façon immédiatement applicable même dans les États membres – une efficacité extra-procédurale, dans l’espace juridique européen – à la décision déclinant la compétence du juge national sur la base de l’accord différent des parties [16].

Pour les affaires ne relevant pas du Règlement 1215/2012, mais, par exemple, de la Convention de Lugano, chaque fois que la compétence ne peut pas être déterminée sur la base d’un choix conventionnel des parties, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union Européenne, et en particulier l’arrêt Gothaer continuent à être une référence importante pour déterminer le critère prévalent.

4.Conclusions

Il faut alors d’essayer de tirer quelques conclusions.

La primauté di droit international tout certainement a eu des effets sur le sujet ici abordé. Il est comprenable que les arrêts de la Cour de Justice aient une influence sur les arrêts rendus par le juge italien même au sujet de la compétence juridictionnelle.

Néanmoins, tout cela est en gré de mettre en crise le système italien. Les arrêts de la Cour de Justice ont complètement renversé la règle italienne, avant que le nouveau Règlement entrât en vigueur.

Comme on l’a vu, selon la jurisprudence de la Cour on peut avoir des arrêts rendus par le juge du fond à contenu procédurale qui ont une efficacité externe s’ils concernent des dispositions du droit européen, en contraste avec la règle selon laquelle ce type de décision n’ont pas cette efficacité pour le droit italien,

En même temps, on a des arrêts rendus par la cour de cassation au sujet de la compétence juridictionnelle qui peuvent perdre leur efficacité externe si la décision est contraire au droit européen. En même temps, si le jugement concerne des dispositions nationales, la règle traditionnelle est confirmée.

On a donc un cadre très fragmenté où il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

On pourrait penser que les rapports entre la Cour de Justice et les juges italiens ne soient pas très agréables. Mais cette idée n’est pas correcte.

Il faut dire qu’on est arrivé à ce type d’arrêts, qui ont bouleversé la règle traditionnelle italienne à la suite du renvoi préjudiciel interprétatif. Donc, il ne s’agit pas d’une juxtaposition entre les Courts, mais d’un véritable dialogue dans le cadre d’une coopération entre juge nationales et juge européen[17] : un dialogue qui doit être poursuivi afin de vraiment réaliser un espace judiciaire le plus possible commun, même si quelques fois cela peut signifier payer le prix d’être forcés d’abandonner la mission dite « pastorale » du juge de notre Cassation.

[1] En résumé, c’est parce que les décisions susceptibles de devenir définitives, selon la vision adoptée par le législateur italien, ne sont que celles qui assurent le « bien de la vie » identifié par le droit substantiel. (voir par exemple Chiovenda,  Principii di diritto processuale civile, Naples, 1923 (réimpr. 1965), 906 sqq. ; Garbagnati, Estinzione del processo ed impugnazione delle sentenze non definitive di merito, Riv. dir. proc., 1971, 584 sqq.).

[2] Caet suiv., 13 janvier 2015, n. 341; Caet suiv., 16 décembre 2014, n. 26377, ivi, 2014; Caet suiv., 16 septembre 2015, n. 18160, ivi, 2015; Caet suiv., 11 mai 2012, n. 7303, ivi, 2012; Caet suiv., 4 juin 2010, n. 13614, ivi, 2010; Caet suiv., 24 novembre 2004, n. 22212, ivi, 2004. Pour ce qui concerne le système italien, tous les arrêts quel que soit l’objet, peuvent faire l’objet d’une chose juge du point de vue formel, c’est-à- dire à un certain point ils ne peuvent plus être attaques, en vertu de l’art. 324 c.p.c. Cependant, l’efficacité de la chose jugée du point de vue substantiel est généralement réservée aux seuls jugements sur le fond, à l’exclusion de ceux de simple procédure : v. Chiovenda, Istituzioni di diritto processuale civile, 2da ed., Naples, 1935, 324 et suiv.; Id., Cosa giudicata e competenza, en Saggi di diritto processuale civile, II Milano, 1993, rist., 411 et suiv.; Id., Sulla cosa giudicata, en Saggi di diritto processuale civile, Milan, II, 1993, 399 et suiv.; Id., Cosa giudicata e preclusione, en Riv. it. sc. giur.,1933, 3 et suiv. ; Montesano, In tema di accertamento incidentale e di limiti del giudicato, en Riv. dir. proc., 1951, I, 329 et suiv. Plus récemment v.  Giussani, Sub art 324 c.p.c., en Commentario breve al codice di procedura civile, dirigé par Carpi et Taruffo, Padoue, 2015, 1252; Dalfino, Questioni di diritto e giudicato, Turin, 2008, 134 et suiv.; Villata, Efficacia «panprocessuale» della pronuncia implicita sulla giurisdizione contenuta in sentenza di merito passata in giudicato?, en Riv. dir. proc., 2009, 1032 et suivants; Turroni, La sentenza civile sul processo, Turin, 2006, 196 et suiv. Contra, une minorité de la doctrine du passé soutenait que, en principe, les jugements ayant un contenu procédural une fois qui la sentence est devenue définitive parc ‘qu’elle ne peut plus être attaquée, ont force obligatoire dans les nouveaux jugements:  Carnelutti, Efficacia, autorità ed immutabilità della sentenza, en Riv. dir. proc., 1935, 212; Liebman, Efficacia e autorità della sentenza, Milan, 1935, spec. Prefazione IV – VIII, 25 -30; ID., Ancora sulla sentenza e sulla cosa giudicata, en Riv. dir. proc. civ., 1936, I 237 et suiv., et en Efficacia e autorità della sentenza (e altri scritti sulla cosa giudicata), Milan, 1983; Vocino, Considerazioni sul giudicato, en Riv. trim. dir.e proc. civ., 1962, 23 et suiv.; Cerino Canova, La garanzia costituzionale del giudicato civile (meditazioni sull’art. 111,secondo comma), en Riv. dir. civ., 1977, I, p. 418 et suiv.; Attardi, La cosa giudicata in Jus 1961, I, 29 ss e II, 189 et suiv. spec. 193 et suiv.; Id., Il giudicato e un recente progetto di riforma, in Riv. dir. civ. 1979, 301. Denti, Sentenze non definitive su questioni preliminari di merito e cosa giudicata, en Riv. Dir. Proc., 1969, 213 e segg.; Ferri, Sentenze a contenuto processuale e cosa giudicata, en Riv. Dir. Proc., 1966, 419 et suiv.; Id., In tema di giudicato sulla giurisdizione, en Riv. Dir. Proc., 1964, 350 e segg.; Pugliese, Giudicato civile (dir. vig.), en Enc. Dir., Milano, XVIII, 1969, 836; Fornaciari, Presupposti processuali e giudizio di merito, Tourin, 1996, 45-48, note 91.

[3] Caet suiv., 13 janvier 2015, n° 341, CED Cassazione, 2015 ; Caet suiv., 11 mai 2012, n° 7303, ibid., 2012 ; Caet suiv., 24 novembre 2004, n° 22212, ibid., 2004 ; Trib. Turin, 25 octobre 2016, inédite. D’un point de vue dogmatique, cela a été expliqué aussi par l’idée que les décisions de procédure concernent la validité du processus individuel : autrement dit, elles auraient un objet unique, qui empêche la vérification de se projeter dans de nouveaux procès : voir en de sens, cf. Chizzini, La revoca dei provvedimenti di volontaria giurisdizione, cit., 34 suiv. ; Ferri, Sentenze a contenuto processuale, cit., 432 suiv., texte et note 57 ; Romano, In tema di rapporti tra questioni meramente processuali e oggetto del giudizio, Foro amm., 1957, I, 1, 340.

[4] Segni, Regiudicata civile, en Scritti giuridici, I Tourin, 1965, , 626 et suiv.; Heinitz, I limiti oggettivi della cosa giudicata, Padoue, 1937, 16 et suiv.; Montesano, In tema di accertamento incidentale e di limiti oggettivi del giudicato, en Riv. dir. proc., 1951, I, 329 et suiv.; Allorio, Efficacia vincolante della decisione in tema di legitimatio ad processum, en Temi, 1960, 56 et suiv., en part. 59; Fabbrini, L’eccezione di merito nello svolgimento del processo di cognizione, en Studi in memoria di C. Furno, Milan, 1973, 283 et suiv.; Luiso, Diritto processuale civile, 2 ed., cit., 141 et suiv.; Menchini, Regiudicata civile, en Dig. disc. priv., Sez. civ., vol. XVI, Torino 1997, p. 417 et suiv.; Turroni,  La sentenza civile sul processo, Tourin, 2006, 196 sqq., notamment 221 sqq.

[5] v. Balena, La nuova pseudo-riforma della giustizia civile, in  Giusto proc. civ., 2009, 758 ; G.F. Ricci, La riforma del processo civile, Turin, 2009, 7.

[6] Gioia, La decisione sulla questione di giurisdizione, Torino, 2009, 206 et suiv. Cela  à cause du principe d’incommunicabilité des juges appartenant à des ordres différents et en raison de l’absence de l’exigence d’unité de la juridiction. En Italie on a eu un problème pareil pour ce qui concerne les rapports de compétence juridictionnelle antre juge ordinaire et juges spéciales, ce qui empêchait aussi de garder les effets de la demande lors qu’on devait recommencer un nouveau procès : v. Battaglia, Il riparto di giurisdizioni e translatio iudicii, en Riv. Dir. Proc., 2012, 81 et suiv.; Consolo, De Cristofaro, Evoluzioni processuali fra translatio iudicii e riduzione della proliferazione dei riti e dei ritualismi, en Corriere giur., 2007, 745; Panzarola, en La giurisdizione nell’esperienza giurisprudenziale contemporanea, par  Martino, Milano 2008, 114 et suiv. On doit ici rappeler un premier revirement de la jurisprudence italienne, lorsque la Cour de Cassation a énoncé que le prononce sur la juridiction rendue par les sections conjointes de la Cour de cassation est obligatoire pour chaque juge et pour le parties également dans un autre procés. Si la question est “re-proposée” dans le délai impératif de trois mois à compter de la décision finale devant le juge désigné par la décision, les effet de la demande sont gardés « sans préjudice des effets de fond e procédure» .

[7] Consolo, La legge di riforma 18 giugno 2009, n. 69: altri profili significativi a prima lettura, in Corriere giur., 2009, 877 et suiv.; Cipriani, La translatio tra giurisdizioni italiane, in Foro it., 2009, V, 252; Raganelli, L’evoluzione della giurisprudenza e il recente intervento del legislatore in tema di translatio,  en Diritto processuale amministrativo, 2010, 2, p. 789 et suiv.; Battaglia, Pronuncia declinatoria della giurisdizione e proponibilità del regolamento preventivo dopo l’entrata in vigore dell’art. 59, l. 18 giugno 2009, n. 69, en Riv. dir. proc., 2011, fasc. 4 1002; Trisorio Liuzzi, Art. 59 – decisione delle questioni digiurisdizione (commento all’art. 59 l. 18 giugno 2009, n. 69), en Le nuove leggi civili commentate, 2010, 1217.

[8] Dir. Comm. Int., 2013, 1107 sqq., avec note de Henke, Verso una nozione europea di res judicata: l’efficacia extraprocessuale della declinatoria di giurisdizione e il giudicato sui motivi.

[9] Du fait de l’existence d’une clause conventionnelle attribuant la compétence à un autre juge : En l’espèce, il s’agissait d’une décision déclinant la compétence au motif qu’il existait une clause attributive de juridiction figurant dans un connaissement, en vertu de laquelle la potestas decidendi avait été attribuée à un tribunal islandais, c’est-à-dire un tribunal d’un système qui ne faisait pas partie de l’Union européenne mais qui était néanmoins lié par la convention de Lugano 2007 signée par ce qui était alors la Communauté Européenne, dont les dispositions sur la compétence juridictionnelle reprennent celles du règlement (CE) n° 44/2001.

[10] V.à ce sujet D’Alessandro, Il riconoscimento delle sentenze straniere, Torino 2007, XVI, passim; Id., “L’incidenza delle pronunce della Corte di Giustizia sul diritto processuale nazionale: le pronunce sulla giurisdizione (Interedil e Gothaer)”, en Revista Ítalo-Española de Derecho Procesal, 1/2019.

[11] C’est précisément conformément au principe de confiance mutuelle des États membres en matière de reconnaissance et d’exécution des décisions judiciaires que la Cour de Luxembourg a déclaré la nécessité d’interpréter la notion de jugement faisant l’objet d’une reconnaissance de manière non restrictive, afin d’éviter, en particulier, des divergences d’opinion à ce sujet (arrêt du 15 novembre 2012, Gothaer Allgemeine Versicherung AG et autres, C-456/11, point 28). Il a donc expressément étendu cette notion aux décisions purement procédurales et aux décisions déclinant la compétence juridictionnelle (arrêt précité, points 31-32, dans ce cas, en vertu d’une clause contractuelle spéciale attributive de compétence). . Il n’y a donc aucun obstacle, en principe, à inclure dans cette notion également les décisions par lesquelles le juge d’un État membre s’est limité à décliner sa compétence en raison de l’existence avérée d’une clause valable d’extension de la compétence : S.M. Carbone, Lo spazio giudiziario europeo in materia civile e commerciale da Bruxelles I al Regolamento CER n.805 / 2004, Torino 2009, 217 et suiv.

[12]

[13] Avec la précision que l’obligation couvrirait également la “partie positive ” de l’arrêt, qui consistait à reconnaître la pleine validité de la clause contractuelle qui élisait le tribunal contractuel exclusif dans un pays non membre de l’Union (Islande) : voir Gothaer Allgemeine Versicherung AG et autres, C-456/11, cité.

[14] V. Report Janard, 27 septembre 1968 – JO 1979, C 59, p. 1, en vertu duquel le régime de reconnaissance prévu par la convention de Bruxelles vise à conférer aux décisions «(…)  ’autorité et l’efficacité convenues dans l’État dans lequel qu’ils ont reçu

[15] De 1988, pas même de 2007.

[16] Penasa, La nuova disciplina degli accordi sulla giurisdizione alla luce del reg. n. 1215/2012 (Bruxelles i-bis), en Int’l lis, 2013, 117; Id, Gli accordi sulla giurisdizione tra parti e terzi, I, Natura e legge regolatrice, Padova 2012, 11 et suiv.; 28 et suiv.; 162 et suiv.

[17] Qui se comprennent en pensant que “dans l’absence de dispositions d’harmonisation, réalisation de positions subjectives le droit communautaire doit (…) être assuré dans le cadre des instruments de garantie de procédure chaque système national “, mais comme la Cour de Justice n’a pas manqué de remarquer “la sauvegarde de la primauté et de la Les effets directs du droit communautaire impliquent la nécessité de la disparition des institutions (…) susceptibles d’interférer avec les règles communautaires ou d’entraver leur efficacité”: v.  Consolo, Il flessibile rapporto dei diritti processuali civili nazionali rispetto al primato integratore del diritto comunitario (integrato dalla CEDU a sua volta), in Corti europee e giudici nazionali (Atti del XXVII Convegno nazionale dell’associazione italiana fra gli studiosi del processo civile), Bologna 25-26 settembre 2009, Bologna 2011, 226.